LA CROIX, NOTRE FORCE, NOTRE TRESOR ET NOTRE FIERTE CHRETIENNE.

Jésus n’a pas fait comme Adam, il n’a pas revendiqué son droit du fils de Dieu, il n’a rien cherché à ravir. Il s’est tout simplement abaissé et humilié à l’extrême. Il s’est laissé cloué comme un voleur sur un morceau de bois. C’est cela, la croix que nous attendons ce vendredi 24 octobre à Saint-Etienne du Bois.
Comme l’a si bien dit le Pape à Lourdes :
« Quelle grande chose que de posséder la Croix ! Celui qui la possède, possède un trésor » (Saint André de Crète).
« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, pour que les hommes soient sauvés » (cf. Jn 3, 16).
Le Fils de Dieu s’est fait vulnérable, prenant la condition de serviteur, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix (cf. Ph 2, 8). C’est par sa Croix que nous sommes sauvés. L’instrument de supplice qui manifesta, le Vendredi-Saint, le jugement de Dieu sur le monde, est devenu source de vie, de pardon, de miséricorde, signe de réconciliation et de paix.

La croix Evangélique, que nous allons contempler dans notre Eglise, est cette croix qui fait la fierté de tout notre village en tant que chrétien et croyant. Sur la croix, il y a le corps de Jésus élevé à la vue de tous.
Le regarder de l’extérieur c’est voir la faute, la honte du genre humain, c’est voir un corps humilié, quelqu’un dont on préfère se détourner à cause de la laideur et de l’horreur.
Le regarder comme les premiers chrétiens l’ont vu c’est voir au-delà de l’apparence : l’agneau, le Serviteur souffrant. Car c’est l’agneau innocent qui est là : lui qui a imploré le pardon de Dieu pour ceux qui l’ont rejeté et mis à mort. Sur lui se concentrent les refus de l’humanité, les violences : « Dieu l’a fait pour nous, péché » écrira saint Paul aux Corinthiens.

Voila une occasion qui nous est donnée à Saint-Etienne pour témoigner de la croix.

Nous, chrétiens, nous sommes fiers de la croix du Christ car nous y reconnaissons le signe de la vie : de cette croix, a été partagé à toute l’humanité, un fruit qui guérit, le fruit de l’arbre de vie du jardin d’Eden. Que notre seule fierté, comme dit l’apôtre, soit la croix de notre Seigneur Jésus-Christ.
Parce que les chrétiens sont des êtres de chair et de sang, les chrétiens ont dit leur amour du Christ en dressant des croix au carrefour des chemins, en embrassant la croix, en la fleurissant, en l’acclamant, en la mettant dans leur maison, en la portant sur eux.
La guérison du coeur est un don qui nous vient du ciel et le don qui vient du ciel demande un travail de notre part qui est le travail de croire : croire que Jésus a remporté la victoire sur le mal et sur la mort. Seule la croix guérit véritablement car elle guérit de la peur, de la honte de témoigner et de la faiblesse de mettre en pratique notre Foi.

Les chrétiens, lorsqu’ils sont touchés par le malheur, brutalement ou de manière lancinante sont appelés à garder les yeux fixés sur le Christ, croyant qu’il nous entraîne vers la vie. Nous ne savons pas comment mais nous le croyons même si l’angoisse de la vie monte de tous côtés. Voilà le mystère de la croix glorieuse que nous sommes appelés à vivre pendant sept jours dans notre groupement de Saint-Etienne du Bois du 24 au 30 octobre 2008.

Père Gilly