Paroisse Marboz

Tentative d’inventaire à Marboz en 1906 au moment de la séparation de l’église et de l’état

A l’occasion de l’exposition du Jubilé les visiteurs ont pu découvrir un tableau illustrant une page d’histoire locale.

Voici le Texte tiré de l’ écho paroissial d’avril 1906:

« C’est le 14 mars 1906 qu’eut lieu l’inventaire des biens réquisitionnés par l’Etat ».

« Auparavant, Monsieur le curé et « le conseil de fabrique » avaient écrit une lettre pour contester ce procédé : « nous formulons les réserves les plus expresses en tout ce qui concerne les droits, soit des familles, soit des particuliers, soit des nombreux bienfaiteurs qui ont contribué à la construction, à l’entretien, à l’ornementation de ce monument… »

Mais il fallait compter sans les « Marboziens » ! Belle manifestation populaire !

« Comme bien on le pense, avant l’heure indiquée, arrivent de tous côtés, paroissiens et paroissiennes, désireux de manifester leur foi et leur attachement à leur église ».

« Ils sont là, près de cinq cents, calmes mais fermement résolus à ne pas laisser pénétrer à l’intérieur, l’agent du gouvernement. Impossible, dans cette foule, de trouver un seul témoin qui consente à participer à cette triste besogne. Mais d’ailleurs, la démarche est bien inutile : Toutes les portes sont solidement closes, l’agent le constate, et il prend le seul parti qui s’offre à lui, il se retire, non sans recevoir plusieurs vigoureuses protestations : « Liberté ! Liberté ! ».

« Nous sommes catholiques, nous sommes français et nous voulons jouir de nos pleins droits. Vous pouvez vous en aller ! A Marboz, quand on veut une chose, on ne recule plus. Ni maintenant, ni ce soir, ni demain, vous ne nous ferez pas céder ! » …

« Force a donc été à l’agent de battre en retraite, et la foule qui s’écrase sous le porche, et sur le perron de l’église, élargit ses rangs quand retentit cette invitation : « Tout le monde à la cure !» ».

On ramène à l’église, en procession le Saint Sacrement.

« En un instant, cette foule a exécuté la consigne et, spectacle saisissant, ces centaines de manifestants se rangent en un ordre parfait pour accompagner au milieu des chants de circonstances, l’Hôte divin, exilé de sa demeure quelques heures ».

« Le pasteur, fier de ses paroissiens, et visiblement heureux de ce superbe témoignage de foi, en adresse tous ses remerciements à l’assistance qui remplit l’église. Cette assistance appelle sur tous, les bénédictions divines, présage de la victoire finale, que leur assurera leur indomptable persévérance ».

« La bénédiction reçue, chacun se retire lentement, sous le coup des vives et salutaires émotions que laisse dans l’âme la satisfaction d’un grand devoir accompli ».

Le Tableau d’Emile MORAND

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Je savais qu’il avait existé, mais existait-il encore ?

C’est par communication téléphonique avec Mme AUGE de Meillonnas, que j’ai appris la bonne nouvelle. Oui elle le possède toujours.

De quoi s’agit-il ?

Un tableau de 120 x 100, une peinture sur toile réalisée par son grand-père en 1906, sur la tentative d’inventaire à l’église de Marboz le 14 mars 1906, telle qu’elle est racontée par M. le curé CHENE dans l’Echo paroissial d’avril 1906.

C’est donc M. Emile MORAND, horloger à Marboz, rue des Fournils, né en 1864 décédé en 1939 qui a peint cette oeuvre.

Mme AUGE née Michelle MORAND, petite fille de M. Emile MORAND, nous a reçus très chaleureusement, et nous a offert de nous prêter le tableau peint par son grand-père, pour les fêtes du 150éme anniversaire de la construction de l’église. Sur ce tableau, son père y est représenté dans les bras de sa mère, il avait 3 ans.

Ce tableau peint d’après une photo d’époque représente le retour du Saint Sacrement à l’église. Toutes les personnes (500) n’avaient pu rentrer dans l’église.

Georges Vulin